Juillet dans les salles obscures
Juillet dans les salles obscures

(Les Kaïra)
Ça ne peut pas être tous les jours la fête nationale, les Jeux Olympiques ou Couleur Café. Mais, sous la canicule ou sous le déluge, chaque jour, il y a du cinéma. Les salles obscures n’ont presque jamais de jour de fermeture. Petit aperçu de ce que cet été a à offrir en nouveautés.
11 Flowers
Sortie le 27/6 ¦ De Wang Xiaoshuai, avec Wang Jingchun, Yan Ni, Zhang Kexuan
Dans un petit village de la campagne, au sud-ouest de la Chine, Wang Han, 11 ans, perd sa chemise blanche hors de prix à cause d’un homme en fuite. Lentement, la dureté du régime arrive jusqu’à lui et il voit la manière dont presque tout le monde souffre des conséquences de la Révolution culturelle. Tout comme Jia Zhang-ke et Lou Ye, le réalisateur Wang Xiaoshuai appartient à la Sixième Génération. Il a intégré de nombreux éléments autobiographiques dans ce drame accessible et assez classique pour lui, retraçant le passage d’un enfant à l’âge adulte.
Colorful
Sortie le 27/6 ¦ De Keiichi Hara
Un esprit se voit offrir une chance de vivre une deuxième existence, à condition qu’il tire les leçons de ses erreurs. Il se réincarne dans le corps de Makoto, un élève de secondaire qui a tenté de se suicider. L’esprit va devoir supporter la vie de cet adolescent malheureux. En veillant à ne pas reproduire les erreurs de Makoto, il découvre peu à peu une vérité qui chamboule son existence. Le Monde a décrit ce manga de Keiichi Hara (Un été avec Coo) comme une « fable poétique douce-amère » qui « offre une vision très dure de l’adolescence et du Japon en général mais témoigne, in extremis, d’un bel optimisme ».
Un bonheur n’arrive jamais seul
Sortie le 27/6 ¦ De James Huth, avec Sophie Marceau, Gad Elmaleh, François Berléand
Sacha (Gad Elmaleh) vit dans l’instant, pour le plaisir. La nuit, il joue dans un club de jazz et séduit les filles. Charlotte (Sophie Marceau) a trois enfants, deux ex-maris et une carrière professionnelle à gérer. Tout les oppose. Ils n’ont rien à faire ensemble. Mais comme c’est une comédie romantique... Nous n’attendons pas grand-chose de James Huth, le réalisateur qui a fait un tabac avec Brice de Nice.
The Amazing Spider-Man
Sortie le 4/7 ¦ De Marc Webb, avec Andrew Garfield, Emma Stone, Rhys Ifans
Après deux films, Sam Raimi et Tobey Maguire n’avaient plus rien à raconter sur Spider-Man, mais ils ne l’ont compris qu’après le troisième. The Amazing Spider-Man n’est ni la suite de leur collaboration ni un remake : c’est un nouveau départ. Si ça a marché pour James Bond, Batman, Star-Trek ou les X-Men, pourquoi ça ne marcherait pas pour l’homme-araignée ? La réalisation a été confiée à Marc Webb, qui, après avoir tourné plusieurs vidéoclips, a franchi l’étape du long métrage avec (500) Days of Summer, une comédie romantique assez originale. Pour ne pas faire tache en tant que Spider-Man/Peter Parker, Andrew Garfield a fréquenté une salle de muscu. Les muscles, ça se travaille. Quant au talent d’acteur, le jeune Britannico-Américain l’avait déjà. Que l’on se souvienne de ses prestations dans Never Let Me Go et The Social Network. Le film dévoile le grand secret de Peter Parker. Il a été élevé par son oncle et sa tante et, comme beaucoup d’ados, il veut découvrir qui il est. Une mallette secrète apporte un nouvel éclairage sur la disparition de ses parents. Parker a du fil à retordre avec l’ancien associé de son père et son alter ego Le Lézard. Amazing, c’est un peu exagéré, mais particulièrement divertissant, ça c’est sûr.
Gros-pois et Petit-point
Sortie le 11/7 ¦ De Uzi Geffenblad et Lotta Geffenblad
Le premier est couvert de pois, tandis que l’autre est parsemé de points mais vous n’êtes pas au bout de vos surprises… Tout est aventure avec Gros-pois et Petit-point pour qui le quotidien rime avec imagination, observation et expérimentation. Au plus près de la sensibilité des plus jeunes spectateurs, les réalisateurs suédois composent de délicieux univers qui racontent la découverte de soi, de l’autre et du monde.
Holy Motors
Sortie le 11/7 ¦ De Leos Carax, avec Denis Lavant, Kylie Minogue, Eva Mendes
Treize années de repos forcé ont rendu Leos Carax encore plus fou et extravagant. Si ça c’est pas une bonne nouvelle ! Ce génie du septième art qui nage à contre-courant et à qui l’on doit Mauvais sang (1986) et Les Amants du Pont-Neuf (1991) a torturé bien des méninges au Festival de Cannes avec son premier long métrage depuis Pola X (1998). Comment décrire Holy Motors ? Celui qui trouve que le film n’a absolument aucun sens va un peu vite en besogne. Les autres s’attarderont longtemps sur ce trip bizarre et assez cinglé signé par un aventurier et un fou de cinéma qui se fiche des conventions et du réalisme soporifique. Monsieur Oscar (l’acteur culte Denis Lavant, dans le rôle de sa vie) se laisse conduire en limousine à travers Paris et exécute une série de missions pour lesquelles il prend chaque fois une autre identité. Monsieur Oscar est successivement un magnat des affaires, un assassin, un vagabond, un monstre, un père de famille et se donne tellement dans ses rôles que cela semble réel. On peut rire, sombrer dans la mélancolie, mais au bout du compte, c’est l’étonnement qui l’emporte. Kylie Minogue chante une petite chanson. Au cinéma, tout est possible. À la fin, on est tellement transporté que l’on trouve absolument normal que les limousines se rassemblent et fassent un brin de causette.
Les Kaïra
Sortie le 11/7 ¦ De Franck Gastambide, avec Franck Gastambide, Medi Sadoun, Jib Pocthier
Mousten, Abdelkrim et Momo, casquette enfoncée sur la tête et baskets aux pieds, ont le même problème : désespérément célibataires, ils passent leurs journées à laisser s’écouler leurs vies, sans motivation ni ambition. Jusqu’au jour où ils découvrent une annonce dans un magazine porno qui propose un casting pour devenir une star du X. Adapté des capsules humoristiques Kaïra Shopping, diffusées sur le web par Canal+.
The Raid
Sortie le 11/7 ¦ De Gareth Evans, avec Iko Uwais, Joe Taslim, Doni Alamsyah
À Jakarta, des troupes d’élite doivent s’emparer, étage par étage, d’un immeuble pour mettre la main sur un baron du crime entouré par des voyous et des meurtriers sans merci. Des traîtres compliquent encore les choses. L’histoire est bête et simpliste et pourtant, The Raid a du succès partout. Pas de mystère là-dessous : avec une action pétaradante, ultra brutale et qui ne laisse aucune seconde de répit, pour 90 pour cent des films d’action, c’est un jeu d’enfant. Les âmes sensibles passeront leur chemin, les amateurs de chorégraphies violentes ne le rateront sous aucun prétexte.
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